Cheval de guerre

Publié le par jujulcactus

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  Après son épisode de « Tintin », largement surestimé à mon goût, sorti sur les écrans en fin d'année dernière, Spielberg persiste et signe dans le divertissement familial. Cette fois-ci il adapte un livre de jeunesse, au récit initiatique classique, qui conte l'histoire d'amitié entre un jeune garçon et son cheval, mise à mal par la « grande guerre ». Après avoir été arraché des mains de son jeune maître, le cheval passe de mains en mains, de camps en camps, changeant de nom au gré de ses nouveaux propriétaires. L'histoire est avant tout centrée sur l'animal, consacrée à son incroyable épopée, pas toujours très vraisemblable mais qui a tout d'une sublime fresque. Dans son désir d'hommage, dans sa soif de cinéma classique, qui transpire, Spielberg en fait malheureusement un peu trop. L'emballage de sa belle histoire est gâchée par un trop plein de bons sentiments, surtout dans le premier tiers, où le jeune homme rencontre « son » animal, et lui tend une pomme... Les choix musicaux, la mise en scène qui fait survenir une lumière étrange, rendent le point de départ du film assez particulier, et complètement artificiel. Par la suite le film étonne, capable par le biais de très belles scènes de faire naître émotion, nostalgie et réalisme notamment dans sa peinture réussie de la guerre. Si l'ensemble se laisse regarder c'est avant tout parce que Steven Spielberg y croît, de bout en bout, injectant à son film un peu de magie. Le casting est convaincant, porté par des anciens qui assurent (Peter Mullan et Niels Arestrup, fantastiques), en revanche le jeune Jeremy Irvine n'est pas bien loin de la tête à claque. Étrange sensation au sortir de la projection, le film a tout d'un grand mais le surplus de mièvrerie empêche de l'apprécier pleinement : la faute peut être à la version française, très moyenne, mais dont les cinémas ne nous laissent pas toujours le choix... Peut être la faute au cinéma donc, et certainement aussi la faute à un film trop « gentil » mais il y a un petit quelque chose en trop, la personnification du cheval peut être, qui le cantonne au divertissement familial et non au grand cinéma qu'il prétend. Dommage.

 

2cactus

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