Extrêmement fort et incroyablement près

Publié le par jujulcactus

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  Derrière son titre à rallonge, « Extrêmement fort et incroyablement près » cache le nouveau film du réalisateur de « Billy Eliott », « The reader » et surtout de « The hours ». Pour la première fois, Stephen Daldry se lance dans l'adaptation, celui du roman éponyme, qui conte le parcours initiatique d'un garçon de 10 ans à la recherche d'un coffre, correspondant à la clef qu'il a trouvé dans le dressing de son père, décédé le 11 septembre... Le réalisateur signe avec cette très belle histoire un mélodrame assez singulier, aussi attachant qu'agaçant, tout à l'image de son personnage principal Oskar (interprété par Thomas Horn), un garçon sensible mais à la maturité douteuse et irritante. Certes le garçon est un marginal, pas très apprécié à l'école de ce que l'on en voit, il serait atteint de la maladie d’asperger mais quand même, son vocabulaire, son comportement (l'idée du répondeur), ses réflexions philosophiques, sa mémoire, ses petites boîtes ou son livre magique... C'est trop, même pour un petit précoce... Alourdi par la narration du garçon, le film peine à trouver son rythme, et se perd parfois dans des choses assez insignifiantes avec cette fâcheuse tendance à étirer les scènes inutilement, et le fait que son vieil acolyte (joué par Max Von Sydow) écrive pour s'exprimer, n'arrange absolument rien. C'est le ventre mou d'un film qui se termine pourtant sur un joli dernier quart, bien trouvé (en même temps cela doit être dans le bouquin) et qui replace enfin le film sur les rails de son sujet, la relation parents/enfant, assez touchante et déroutante, comme cette scène où le jeune garçon dit à sa mère qu'il aurait souhaité que ça soit elle dans la tour... Un casting correct qui souffre de l'agacement que l'on peut ressentir vis à vis de Tom Hanks ou du jeune Thomas Horn, j'ai trouvé en revanche Sandra Bullock impeccable. Malgré un début et une fin qui arrivent à faire naître des émotions, le film traîne trop en longueur, accumule trop de coïncidences et de bons sentiments pour réussir son pari. Attachant, il n'en reste pas moins une déception de taille.

 

2cactus

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