La colline aux coquelicots

Publié le par jujulcactus

la-colline-aux-coquelicots-.jpg

 

L'animation japonaise a pris ses gallons depuis qu'Hayao Miyazaki et son comparse Takahata imposent leurs styles sur les écrans du monde entier, mais l'heure de gloire semble passée, les deux hommes septuagénaires aujourd'hui essayent depuis quelques années de passer le flambeau à une relève qui se fait attendre. A tel point que les deux hommes n'ont toujours pas rangé leurs pinceaux, et sont encore au coeur de projets (« Le conte du coupeur de bambou » pour le réalisateur du bouleversant « tombeau des lucioles »). Goro Miyazaki, le fils du maître, propose un second long-métrage après la déconvenue des « Contes de terremer », l'histoire d'une jeune fille qui du haut de sa colline hisse chaque matin des drapeaux en hommage à son père disparu, jusqu'à ce qu'un garçon de son lycée ne vienne la chambouler. Le père au scénario, le fils à la réalisation, la recette était prometteuse, mais si « La colline aux coquelicots » est un joli film, il manque clairement de relief. Le récit principal qui voit l'union et la désunion des deux personnages centraux est intéressant, très fin et le scénario (s'il est parfois confus et un peu tiré par les cheveux) ménage un doute ultime. Il y a comme souvent beaucoup de pudeur dans cette relation, un jeu de regard éloquent, ce qui ménage quelques bien jolies scènes. Mais ce récit s'entrecroise avec une intrigue autour du « quartier latin », où les élèves cherchent à préserver le bâtiment de la démolition, qui ne porte que très peu d'intérêt et semble remplir le film de vide. La réalisation est parfois assez maladroite, et même le dessin manque de cachet... Goro, pour faire parler ses images et son manque d'inspiration, surcharge son film de musiques, qui semblent parfois en complet décalage, cette omniprésence plombe un peu le film. Le Japon des années 60 a du charme, mais le charme ne fait pas tout. Juste beau, il ne peut éviter la comparaison avec ses aînés tous plus majestueux, et notamment le précieux « Arrietty » sorti l'année dernière à la même période et qui n'était pourtant que le premier film de Yonebayashi, bien plus doué à mon goût. "La colline aux coquelicots" est une jolie histoire d'amour qui souffre de la comparaison avec ses modèles, tous bien meilleurs. Un beau film, un mauvais Ghibli.

0fdh2 2cactus

Commenter cet article

Hallyne 28/01/2012 01:10

J'avais préféré aussi Arietty... Là c'est un peu juste comme histoire, et assez surfait dans l'émotion

pierreAfeu 15/01/2012 19:14

Eh bien moi j'ai préféré La colline aux coquelicots à Arrietty ! Le graphisme est peut-être en deçà, mais j'ai vraiment été ému.

jujulcactus 18/01/2012 22:19



Moi c'est l'inverse, Arrietty m'avait beaucoup touché mais là ... J'ai juste trouvé ça joli ...



bobmorane75 15/01/2012 19:02

en effet, grace au titre original, j'ai trouvé mon bonheur, notemment chez mata-web, mais surtout sur ghibli word. Je suis impatient de le voir sur nos écran... merci

ptiterigolotte 15/01/2012 18:19

Oui le titre français est : Le conte du coupeur de bambou. Et normalement, le projet verra le jour été 2013.
p.s : Super ton site ! Merci de me souhaiter la bienvenue :D à bientôt !

bobmorane75 15/01/2012 15:39

je ne trouve rien sur le prochain Takahata. Sort quand ???

jujulcactus 15/01/2012 17:33



Normalement c'est le prochain film du studio, j'ai lu quelque part mi-2013 ... C'est l'adaptation d'un conte célèbre au japon, tu trouveras certainement plus d'infos avec le titre traduit du
japonais : "Taketori Monogatari", ou sur des sites comme Buta-connection (je confirme il y a quelques articles à ce propos).


C'est un projet qui a débuté il y a un bon moment, qui semble avancer doucement, en tout cas les petites choses qui se disent mettent l'eau à la bouche ça serait "dans un style rouleaux
illustrés traditionnels" ! Audacieux!