La couleur des sentiments

Publié le par jujulcactus

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    Phénomène aux USA plus tôt dans l'année, «La couleur des sentiments» est un film très américain par son sujet et par le traitement qu'il en fait. Adapté d'un célèbre roman, il conte l'histoire d'amitié d'une jeune écrivain blanche et de deux domestiques noires qui vont écrire ensemble un livre qui va à l'encontre des conventions sociales de l'époque. La retranscription des années 60, très kitsch, aurait pu être intéressante si le récit allait un peu à contre courant de cette abondance de couleurs et de stéréotypes... Ce qui n'est pas le cas, d'où un côté un peu artificiel, les bons sentiments étouffent la dureté des faits, les personnages frôlent souvent la caricature et le scénario manichéen réserve trop peu de surprises... La mise en scène classique et ultra-colorée discrédite un peu le propos car elle va dans le sens d'un film futile, il faut avouer peu efficace dans l'émotion (multipliant les prétextes pour être larmoyant)... Mais paradoxalement, le film est assez agréable et le temps passe vite malgré les 2h30 d'images, notamment grâce à l'investissement du casting, exclusivement féminin. Seule Emma Stone déçoit, pourtant pilier central du mélodrame, elle est bien loin de sa pétillante performance dans «Crazy, Stupid, Love», ne dégageant absolument rien, si ce n'est de l'indifférence... Tout à l'inverse, Bryce Dallas Howard en fait des tonnes pour incarner la peste, néanmoins la caricature a le mérite de donner un peu de vigueur au film et aux relations entre les personnages. Les talentueuses Viola Davis et Octavia Spencer, dans la peau des domestiques noires, s'en sortent bien, mais la performance est à mettre au crédit de l'épatante Jessica Chastain, bien loin de la grâce atteinte avec Terrence Malick, elle campe ici une blondasse excentrique et profondément naïve, et arrive pourtant à en faire le personnage le plus intéressant du film grâce à l'humanité qu'elle lui insuffle ; à noter aussi la bonne partition d'Allison Janney. «La couleur des sentiments» est plein de bonnes intentions mais se contente d'abattre trop souvent les mêmes cartes pour passionner: la bonne humeur et la sensiblerie... S'il constitue un mélodrame honnête, il s'avère au final bien trop doux et trop lisse pour marquer le spectateur plus loin que la projection. Dommage.

 

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pépito_ 31/10/2011 21:53


Salut,

Je suis complètement fan de ce film, qui a le mérite de parler d'un sujet difficile, sans être moralisateur et sans excès.
Il est difficile de reproduire la bêtise de l'époque, sans cliché, et je trouve que le casting tient la route.
Avec Jessica CHASTAIN en cerise sur le gâteau :-)

Je comprends cependant ta lecture sur le côté lisse, mais je me suis laissée porter !