Detachment

Publié le par jujulcactus

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Entre documentaire et esthétisme appuyé il semble hésiter, Tony Kaye dépeint dans une certaine urgence le système éducatif américain dans « Detachment » et le fait par l'intermédiaire du regard d'un professeur remplaçant muté dans la banlieue New-yorkaise. Le film parle, comme son nom l'indique, d'un homme qui va avoir du mal à se détacher des troubles de son métier, à maintenir une distance entre lui et ses élèves, lui et ses problèmes familiaux. Dans la tourmente de son personnage, Tony Kaye pose des questions pertinentes et lourdes de sens : « comment s'occuper de personnes quand on a déjà du mal à s'occuper de soi? », « comment prendre de la distance face à des problèmes qui nous envahissent? », « Si on ne peut pas aider tout le monde comment faire un choix entre des personnes dans le besoin? », « Est-on responsable de la déroute de ses élèves ? »... Dans une mise en scène déroutante, lourde et redondante (alliant flash-back, déambulation dans les rues la nuit et petits dessins à la craie), Adrien Brody, plus déprimé que jamais, déambule les yeux usés par son quotidien... Le schéma est brouillon et saucissonné, certains choix discutables mais de son imperfection le film tire peu à peu sa force. La base trop radicale voire caricaturale sur laquelle le film s'appuie ne se s'efface jamais vraiment mais mue et devient le fondement même d'un ton dépressif et sans concessions. Adrien Brody livre une performance remarquable, ses collègues aussi (Hendricks, Harden, Liu...), j'ai quelques réserves en revanche sur le jeu de Sami Gayle, la jeune prostituée que notre héros va prendre sous son aile. Au final « Detachment » est certes un film inégal, aussi séduisant dans le fond qu'agaçant dans la forme, mais l'énergie qu'il brasse dans sa détresse se révèle attachante et finie par toucher.

 

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Wilyrah 22/02/2012 21:02

Inégal mais de belles choses :)